| |
Hommage à... Alain Tanner |
|
L'hommage rendu chaque année à Gindou met à l'honneur un réalisateur vivant dont la cinématographie est suffisamment significative pour définir une œuvre.
Les Rencontres bénéficient très largement de cette programmation qui permet de découvrir ou de redécouvrir un grand cinéaste. Cette rétrospective est généralement très appréciée du public.
La soirée d'ouverture lui est consacrée et l'hommage se déroule au rythme d'une projection quotidienne d'un des films du cinéaste.
Après Otar Iosseliani et Aki Kaurismäki, nous rendrons hommage cette année à Alain Tanner, cinéaste suisse riche d'une vingtaine de longs métrages dont beaucoup ont reçu des prix dans les grands festivals internationaux. |
|
Biographie
Alain Tanner est né en 1929. De 1955 à 1958, il
séjourne à Londres où il se passionnera pour
le cinéma et trouve un emploi au British Film Institute
de Londres. En 1957, il réalise son premier film, avec Claude
Goretta Nice Time (Picadilly la nuit). Le film obtient le Prix
du Film Expérimental au Festival de Nice 1957. De retour
d'Angleterre, il entre comme réalisateur à la Télévision
Suisse Romande où il signera plusieurs courts métrages
et des documentaires. En 1968, il fonde le Groupe des 5 avec Michel
Soutter, Claude Goretta, Jean-Louis Roy et Jean-Jacques Lagrange,
instrument de concertation destiné à promouvoir le
jeune Cinéma Suisse. Sa filmographie est riche de plus de
20 films dont les plus célèbres sont La Salamandre (1971), Jonas qui aura 25 ans en l'an 2000 (1976), Dans la ville
blanche (1983) ou Fourbi (1996). |
| |


|
Filmographie Paul s'en va (2004) Fleurs de sang (2002), co-réalisation Myriam Mezières Jonas et Lila, a demain (1999) Requiem (1998) Fourbi (1996) Le Dernier carré de l'empire (1996) Les Hommes du port (1995) Le Journal de Lady M (1993) L'Homme qui a perdu son ombre (1991) La Femme de Rose Hill (1989) Une Flamme dans mon coeur (1987) La Vallée fantôme (1987) No Man's Land (1985) Dans la ville blanche (1983) Les Années lumière (1980) Messidor (1979) Jonas qui aura 25 ans en l'an 2000 (1976) Le Milieu du monde (1974) Le Retour d'Afrique (1973) La Salamandre (1971) Charles mort ou vif (1969) Le Pouvoir dans la rue (1968) Dr B, médecin de campagne (doc, 1968) Une Ville a Chandigarh (1966), le corbusier Les Apprentis (doc, 1963) L’Ecole (CM, 1962) Ramuz, passage d’un poète (CM, 1961) Nice Time (1957), co-réalisateur Claude Goretta (doc)
|
| |
Pour Tanner, le cinéma issu du marketing contemporain est
rangé dans la catégorie "anticonstitutionnel".
Chantre de l'antilibéralisme esthétique, Tanner propose
un cinéma à contre-courant : "Je ne suis plus
synchrone du tout. [...] Mais compte tenu de l'air du temps, je
trouve cela plutôt réjouissant. Serais-je synchrone
aujourd'hui que je vivrais cela comme une trahison". Tanner
estime qu'il faut partager quelque chose avec le spectateur, le
tenir à la bonne distance (ni trop près pour ne pas
dormir, ni trop loin pour ne pas souffrir), lui offrir quelque
chose à explorer. Ensuite habiter le lieu où l'on
tourne, qu'on ne peut pas confondre avec son ennemi, le décor
: "Il faut le sentir, le palper avec les sens, le laisser
venir à vous, par les lumières du matin et du soir." Pas
de plans de coupe, pas de plans trop brefs (petit truc pour avoir
un son direct réussi). Bref, pour Tanner, c'est affaire
de ressenti du monde, c'est-à-dire de politique. |
| |
Les films d’Alain Tanner présentés à Gindou : |
| |
Charles mort ou vif (1969) |
| |
Charles Dé est au bout du rouleau; dépossédé de lui-même, il n'a pas su prendre le temps de vivre, de s'épanouir. A l'aube du centième anniversaire de son entreprise, il disparaît dans la nature et se lie bientôt amitié avec Paule et Adeline, un couple bohème. Il décide d'habiter chez eux à la campagne.. |
| |
Dans la ville blanche (1983)
|
| |
Portrait de marin (sublime Bruno Ganz) quittant tout pour se fondre corps et âme dans Lisbonne. |
| |
|
| |
Une société de communications achète les droits de faits divers criminels à leurs victimes pour en faire des films. Rosemonde a vendu son histoire. |
| |
Les Hommes du port (1995)
|
| |
Ce film d'Alain Tanner répond à une commande d'Arte qui avait proposé à plusieurs réalisateurs de faire un film sur un port pour lequel ils avaient une «accroche» personnelle. Tanner choisit Gênes où il a travaillé comme coursier quand il était très jeune et où il a côtoyé le monde des dockers. Les travailleurs du port de Gênes vivent, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, une extraordinaire expérience d'autogestion qui leur permet de réaliser l'utopie sociale tant rêvée en occident et approchée lors de rares moments historiques, comme en mai 68. |
| |
Jonas qui aura 25 ans en l'an 2000 (1976).
|
| |

|
Les destins ordinaires et entremêlés de neuf personnages, Max, ex-militant, Madeleine adepte du tantrisme, philosophie qui permet d'échapper au monde, Marie, Mathilde, Marguerite maraîchère, Marcel zoologue, Marco, professeur d'histoire, Mathieu chômeur et enfin Jonas l'enfant. Un film qui se veut une réflexion sur le monde sans omettre la gaieté. |
| |
Messidor (1979) |
| |
Deux jeunes auto-stoppeuses, Jeanne, étudiante, et Marie, vendeuse, partent sur les routes de Suisse. Un jour, elles s'emparent de l'arme d'un officier. Jeanne et Marie sont bientôt recherchées par la police. |
| |
Paul s'en va (2004) |
| |
Alain Tanner et son scénariste Bernard Comment plongent 17 jeunes gens dans le trouble d’une disparition: celle de Paul B, leur professeur de sémiologie; en les quittant, le philosophe-enseignant leur a laissé quelques traces... |
| |
Requiem (1998) |
| |
Par un torride dimanche d'été Paul, le narrateur, a rendez-vous, à douze heures, avec un invité qui est en fait le fantôme du grand écrivain portugais Fernando Pessoa. |
| |
La Salamandre (1971). |
| |

|
Rosemonde, la Salamandre, est une jeune fille qui survit en passant d'un petit boulot non qualifié à un autre. On la soupçonne d'avoir tenté de tuer son oncle, chez qui elle vit. Un journaliste et un écrivain sont chargés d'écrire un scénario de téléfilm sur ce fait-divers. Ils n'y parviendront jamais car la vérité de Rosemonde et son goût de vivre échappent aux investigations des deux garçons. |
| |
Une flamme dans mon cœur (1987) |
| |
Les amours de Mercedes, la trentaine, comédienne de son métier. La fin d'un amour avec Johnny, maghrébin d'origine et personnage instable. Le début d'un autre amour avec Pierre, la quarantaine, journaliste méticuleux. |
|