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Pour sa 20ème édition,
près d’une
centaine de films sera diffusée à Gindou et
sur les places de villages environnants. Ce vingtième
anniversaire est l’occasion de proposer une programmation
de films récents sur la thématique de la jeunesse
sous l’intitulé : " Avoir 20 ans aujourd’hui
dans les pays d’Afrique et de Méditerranée ".
Nous
nous interrogerons tout au long d’une semaine
de débats avec les cinéastes et les invités,
sur la place des jeunes dans leur société,
sur la manière dont ils voient leur avenir, sur les
problèmes et les questions qui les touchent.
20 ans, on a peine à y croire
1985, c’est la date de la première nuit blanche à Gindou.
Quelques mois auparavant quelques bénévoles
devaient se passer le mot pour fêter le cinéma
dans ce petit village.
Plusieurs hypothèses se disputent sur les faits qui
ont contribué à cette genèse :
- Gindou est un village
stratégique, car à la
croisée de grands axes de communication, et le
maire se bat pour obtenir une liaison par bretelle d’autoroute
qui liera directement le village à Toulouse et
pourquoi pas Paris. Le maire décide d’attirer
l’attention
du public à travers une manifestation d’intérêt
international. La projection de L’empire des sens
de Nagisa Oshima décourage le maire. Il n’y
a toujours pas de bretelles d’autoroute.
- Gindou a un passé fortement marqué par
l’histoire
du cinéma. En effet, Albert Khan y envoya un de
ses meilleurs opérateurs. L’unique copie
du film a malheureusement aujourd’hui disparu (quelques
images seront peut-être visibles pendant le festival
2004 !)
- Gindou est situé à 430
mètres au-dessus
du niveau de la mer, aboutissement d’une ligne
de crête
qui plonge ensuite vers Cazals. En cette fin d’été,
les soirées sont ici plus douces : il y a moins
de condensation sur l’écran et… sur
les sacs de couchage.
- Les études des grandes majors
américaines
et européennes indiquent que le barycentre mondial
des meilleures entrées du cinéma commercial
se trouverait dans un des nombreux hameaux que compte
la commune (on parle de Maussac, mais certains statisticiens
pencheraient plutôt pour Lapounelle). D’où l’idée
de soumettre les habitants à des séances
intensives de cinéma délirant. Les radars
de surveillance de Dôme – chez nos voisins
de Dordogne – n’ont
en fait pas d’autre utilité que d’observer
les spectateurs de Gindou soumis à ces amphétamines
lumineuses.
- Des gens du coin
ont envie de se faire plaisir en projetant des films
qu’ils aiment. D’autres spectateurs
en ont entendu parlé, puis d’autres encore,
puis d’autres encore. En les interrogeant, ils
disent venir tenter une expérience sociologique
sans précédent.
- Le Centre National
de la Cinématographie se demande
toujours où est Gindou, pensant sans doute que
c’est
une vue de l’esprit de quelques illuminés.
Les recherches continuent
20 ans, ça vous change un homme (entendu au Café de
Paris à Cazals). Depuis, les choses ont changé,
avec des départs, des arrivées, des retours,
des coups de gueules, etc… Bref, du quotidien.
20 ans, c’est l’âge de raison, paraît-il.
Que Dieu nous en préserve ! (pour ceux qui y croient).
Faut-il être raisonnable pour que, pendant ces vingt
ans, nous n’ayons pas cédé aux sirènes
de la ville, aux crocs en jambes divers, aux " c’est
sympathique ! " compassionnels, aux fantasmes d’aigris
paranoïaques, etc… au découragement.
20 ans, nous devrions regarder en arrière, célébrer
les grands moments, etc. Certes, les prochaines Rencontres
qui se dérouleront du 21 au 28 août, reprendront
certains films forts des programmations passées, et
surtout, le cinéma itinérant reprend du service,
dans une formule revisitée. C’est une manifestation
qui, nous le souhaitons, aura une ampleur sans précédent.
Mais n’oublions pas toutes les actions qui font qu’aujourd’hui
Gindou – le nom du village est souvent associé à l’activité du
cinéma, on dit " on va au Gindou " comme
on dit " on va au Dégagnazès " (foire
au melon le 9 septembre) – Gindou, donc, conduit un
ensemble d’actions de sensibilisation et de formation
au cinéma et collabore à de nombreux événements
importants pour le cinéma en France.
N’oublions pas enfin que Gindou est un assortiment
délicat d’ingrédients indicibles qui
ne répond à aucune recette et qu’une équipe
de passionnés, depuis vingt ans, en fait goûter
la saveur à ceux qui n’ont pas froid aux yeux – et
qui apportent leur couverture !
Affaire à suivre.
Philippe Etienne,
Gindou, initiatives pour le cinéma
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