Pas de projection pour la soirée du mercredi, la
Cour de l’école accueille un concert. Après
le groupe Momar en 2001 et Macoura Traoré en 2002,
nous accueillons cette année Djamel Allam.
Djamel Allam est un chanteur algérien qui émigra
en France en 1967 à l’âge de 21 ans.
Né à Bejaia, capitale de la petite Kabylie,
il y passera toute son enfance. Un Louis d’or que lui
offre sa mère, événement qu’il
relate dans une de ses chansons Les rêves du vent,
et une carte fournie par les services d’émigration
sont les sésames pour partir vers la France. Djamel
Allam va sur ses 20 ans. Il appartient à cette jeunesse,
enthousiasmée par l’indépendance mais également
imprégnée de la culture occidentale. Partir
avec un baluchon est alors un rêve partagé par
des millions de jeunes partout dans le monde. La France est
l’Eldorado de l’ordre du possible pour ce jeune
algérien.
Début des années 60, l’Algérie
a la potentialité d’être un des grands
pays du Sud. Djamel fait partie de ces cohortes d’hommes
dont l’industrie française a encore besoin.
Il atterrit dans un foyer Sonacotra à Marseille avec
ses concitoyens embauchés dans le bâtiment,
mais son désir est de devenir chanteur. Depuis son
enfance, il est imprégné des chants traditionnels
algériens d’expression arabe et kabyle, mais
aussi des poètes français comme Prévert
et les surréalistes. Des petits boulots, au théâtre
du Gymnase à Marseille, jusqu’à ses premiers
succès sur scène à Paris, ses pas le
ramènent fréquemment en Algérie.
Le succès vient rapidement. En 1974, il enregistre
son premier disque, Arjouth, qui signifie Laisse-moi raconter.
Ses copains s’appellent Higelin, Brigitte Fontaine,
Jean Louis Foulquier, Claude Villers et surtout Léo
Ferré auquel il vouera une grande admiration. Il chante
- en trois langues, tamazight, français et arabe – les
douleurs de l’émigration et le blues de son
pays d’origine.
Jusqu’en 1985, entre les tournées, il réussit à mettre
trois albums en boîte. Le cinéma, auquel il
a été formé à la Cinémathèque
d’Alger, le demande. Il tourne pour Alain Corneau dans
Fort Sagane, avec Noiret et Depardieu. Enthousiasmé par
le rassemblement des musiques du monde organisé au
centre Ryad El-Feth en 1985, il décide de séjourner
durablement à Alger. Puis un jour d’octobre
88, le 6 exactement, tout bascule. La rue est exaspérée.
Les révoltes se multiplient. Djamel décide
de repartir pour la France. Ce sera le début d’une
longue absence (Djamel ne veut pas parler d’exil) jusqu’en
1996. Il faudra attendre 3 années pour qu’il
ressorte un autre album, Mawlud, puis plus tard Le Chant
des sources et en 2000 Gouraya.
Discographie de Djamel Allam :
- Arjouth (Laisse-moi raconter),
1974
- Argu ( Les rêves du vent), 1978
- Si Slimane, 1981,
- Salimo, 1985,
- Mawlud, 1988,
- Le chant des sources, 1999,
- Gouraya, 2000.
Musiques de films :
- Prend 10000 balles et casse-toi de Mahmoud
Zemmouri (1981)
- La Plage des enfants perdus de Jillali Ferhati
(1991)
- La Goutte d’or de Daniel Duval (documentaire),
Sa carrière
d’acteur :
- Les Sacrifiés de Okacha Touita (1982)
- Fort Saganne
de Alain Corneau
- De Hollywood à Tamanrasset de Mahmoud
Zemmouri,
- Alice au pays des mirages de Mohamed Rajdi