Présente
depuis 17 années à Gindou, la Cinémathèque
de Toulouse apportera, grâce à la richesse de
sa collection, un autre éclairage sur notre programmation
thématique. Il s‘agira de films inédits
ou peu diffusés, des films de propagande et documentaires
-fictions tournés par l‘armée française,
des films de l‘époque coloniale.
Depuis que Gindou
existe, ou plutôt depuis que le
Festival de Gindou existe, la Cinémathèque
de Toulouse dispose chaque année d’une " carte
blanche ". C’est pour nous l’occasion de
sortir de nos collections quelques raretés qui échappent
au tout venant du cinéma. Que pouvions nous à présent
dire de l’Algérie qui n’ait été dit
cent fois auparavant ? Choix forcément difficile,
rarement objectif, puisque, qu’on le veuille ou non,
tout ce qui nous vient d’elle fait encore partie de
nous. Trop de souvenirs en communs, trop d’espoirs,
trop de larmes. En présentant un choix de courts-métrages
tournés entre 1957 et 1964, nous n’entendons
pas donner des leçons à quiconque puisque quarante
ans ne suffisent pas à cicatriser, de part et d’autre,
de profondes blessures. Voici donc le portrait éclaté d’une
illusion (" La France de Dunkerque à Tamanrasset ")
et d’un rêve sur le point d’être
réalisé (l’indépendance). Non
pour y voir plus clair mais pour alimenter une réflexion
toujours brûlantes. A des titres divers, Octobre à Paris
(tourné sous le choc des débordements policiers
du métro Charonne) et, venant bien plus tard, Certaines
nouvelles (film de Jacques Davila, 1976) complètent
ces regards croisé. Comme on croise le fer. Comme
se croisent les routes.
Pierre Cadars
Délégué Général de La
Cinémathèque de Toulouse |