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du 17 au 24 août
2002
" Car tout part de cette question
que nous devons à nouveau nous poser : pourquoi va-t-on
encore au cinéma ?
…) On y va parce qu’un instinct humain y est
assouvi : celui qui nous fait tendre vers les autres.
…) C’est l’un des secrets des festivals
: ils offrent un vécu commun en concentré.
En fait, qu'est-ce qui distingue le cinéma de l’avenir,
ou le festival de films, du cinéma actuel en salle
? La réponse est simple : la différence, ce
sont les applaudissements. Aux premiers temps du cinéma,
on applaudissait à la fin du film. A l’origine,
les applaudissements s’adressaient au projectionniste,
parce qu’il avait su maîtriser les nouvelles
machines et qu’il était le seul à être
physiquement présent. Plus tard, on y a ajouté une
foule d’événements live : l’intervention
d’un présentateur, de la musique et la venue
de stars. Il faut que nous revenions au cinéma avec
applaudissements et que nous ré-introduisions des éléments
live. Quand le spectateur a l’impression que son vis-à-vis
n’est qu’une boîte de conserve, il n’applaudit
pas. C’était son besoin de se retrouver en société qui
l’avait poussé à aller en salle, et à ce
besoin s’ajoute aussi celui de s’exprimer. Par
le fait d’applaudir, les gens prennent conscience de
leur existence sur place. Le véritable producteur
d’un film, c’est le public. "
Edgar Reitz. Cinéaste allemand. Il est depuis 1962
de tous les combats du jeune cinéma allemand. Il présente
en 1994 le résultat de plusieurs années de
travail : Heimat, film monument de plus de vingt-six heures
diffusé en France sur ARTE puis dans les salles de
cinéma. |