| |




|
|
- Dimanche 13 décembre - 18h au cinéma Le Quercy - Cahors
Un si beau voyage de Khaled Ghorbal
France / Tunisie. 2008. 2h17.
Avec Farid Chopel, Assumpta Serna, Abdelhafid Metalsi, Aboubacar Eros Sissoko, Huguette Maillard, Awatef Jendoubi
Mohamed, ouvrier à la retraite, vit dans un foyer de travailleurs en banlieue parisienne.
Il se trouve contraint de quitter sa chambre et décide de rentrer en Tunisie, son pays d’origine qu’il n’a plus revu depuis de longues années...
La projection sera suivie d’un débat avec Khaled Ghorbal.
Cette séance est proposée par Gindou Cinéma et le Cinéma le Quercy.
L’échappée belle de Farid Chopel
«Fable sur l’exil et la solitude, hommage à tous ceux qui vivent "à côté" de chez eux, et bien souvent d’eux-mêmes, en décalage», selon les termes du réalisateur, Khaled Ghorbal, Un si beau voyage est aussi la révérence dignement tirée par Farid Chopel. L’acteur est mort d’un cancer en avril 2008, peu de temps après la fin d’un tournage dont les dernières images anticipaient à peine la réalité.
Fêlures. On imagine facilement l’attachement que Farid Chopel devait porter au film de Khaled Ghorbal. Parce que ce comédien doué avait vécu l’enfer sur Terre, cramant sa vie et sa carrière dans tous les excès possibles et imaginables avant de revenir sur le tard à travers un one-man-show autobiographique, c’est-à-dire subtil, courageux et émouvant. Et car on le connaissait principalement sous un angle humoristique, alors que l’homme recélait de très profondes fêlures et qu’il n’avait jamais eu vraiment sa chance au cinéma, tournant de façon sporadique, sans jamais occuper les avant-postes, de surcroît (l’Addition, Sac de nœuds).
Aussi, comme pour s’excuser du peu d’égard qu’avaient eu pour lui les plateaux de tournage et, fût-ce à titre posthume, rattraper le temps perdu, Un si beau voyage n’a-t-il d’attention que pour Farid Chopel. Méconnaissable, avec des cheveux et une moustache, il est Mohamed, ouvrier à la retraite sans histoire qui vivote dans un foyer de Seine-Saint-Denis. Jusqu’au jour où, poliment invité à chercher un autre toit, il se décide à repartir en Tunisie, son pays d’origine avec lequel il avait coupé les ponts, pour un ultime périple.
Microdrame. Un si beau voyage est construit de manière parfaitement symétrique, avec une première partie en France et une seconde en Afrique du Nord. Mais, des deux côtés de la Méditerranée, seul «Momo» Chopel accapare l’attention de Khaled Ghorbal, qui circule du microdrame social à l’élégie sablonneuse, en laissant tellement de temps au temps que, d’intransigeant, le récit risque aussi de paraître aride aux yeux de beaucoup.
Aux longues marches solitaires dans Paris succède une dernière demi-heure intégralement mutique dans le désert, façon Gerry du Maghreb, où l’ancienne mascotte des folles nuits d’excès des années 80 retrouve, à des fins manifestement absolutoires et testamentaires, l’usage de gestes immémoriaux qui fournissent les plus vibrantes images d’Un si beau voyage.
La silhouette éternellement élégante, à peine contredite par la lassitude du geste et du regard, «Momo le plus beau» - comme le surnomment ses deux compères immigrés -, le brave banlieusard méticuleux, bienséant et pudique, redevient alors ce qu’était peu ou prou Farid Chopel : un être pudique et altier passé de l’errance à la quête.
Gilles Renault.
Libération. 18/03/09
Khaled Ghorbal est venu présenter ses précédents films au festival de Gindou.
Venu du théâtre, Khaled Ghorbal, cinéaste franco-tunisien, a d’abord suivi une formation d’acteur avant de diriger une troupe d’art dramatique dans son pays d’origine, la Tunisie. De retour en France, il s’occupe pendant dix ans de salles de cinéma d’Art et d’Essai à La Courneuve et à Stains, en banlieue parisienne. Puis, il fut cofondateur et coordinateur national du dispositif «Ecole et cinéma, les enfants du deuxième siècle» initié par le CNC (Centre National de la Cinématographie) et l’éducation nationale. Son premier court-métrage remporte un franc succès, confirmé par son premier long-métrage Fatma qui remporte de nombreux prix tant en France qu’à l’étranger. Par sa double appartenance, il développe une sensibilité particulière à propos de son pays d’origine, la Tunisie, ainsi que sur son pays d’accueil, la France.
Filmographie :
Fatma (2002). Diffusé à Gindou en 2002
El Mokhtar (L’Elu) (1996 - CM). Diffusé à Gindou en 1997 |
|