Le Ciné tchatche de février 2010  
 

 

 


- Jeudi 11 février - 20h30 - Centre Culturel Charles Boyer - Figeac

- Vendredi 12 février - 20h30 - Centre Culturel Robert Doisneau - Bretenoux

- Samedi 13 février - 18h - Cinéma Le Quercy - Cahors

- Samedi 13 février - 21h15 - Cinéma L'Atalante - Gourdon


Walter Retour en Résistance
de Gilles Perret - en sa présence
France – 2008 – 1h23

Le nom de « Walter » et le mot « résistance », Gilles Perret les a toujours associés. Avant même de savoir ce que cela signifiait, Gilles savait que son voisin Walter avait été déporté dans un camp de concentration du nom de Dachau …
Aujourd’hui Walter Bassan a 82 ans. Il vit avec sa femme en Haute-savoie, et mène une vie pour le moins active. D’écoles en manifestations, de discours engagés en témoignages de la guerre, Walter continue son long combat, fait de petites batailles, contre toutes les formes de démagogies, d’injustices et d’oppressions.
De même que lorsqu’il avait 18 ans, et qu’il « jouait » comme il dit, à distribuer des tracts anti-fascistes dans les rues commerçantes d’Annecy alors occupée, Walter agit en écoutant son coeur. « Je n’ai pas changé », comme il se plait à rappeler.
Partageant ces mêmes « raisons du coeur », Gilles Perret réalise ici un portrait vivant de cet homme calme et insurgé. Nous sommes invités à les suivre en passant du Plateau des Glières à Dachau, à faire des retours en arrière pour mieux comprendre l’Histoire, à partager leurs inquiétudes face à un monde où l’inégalité et l’injustice gagnent sans cesse du terrain, à
poser les questions qui fâchent...
Sans prétention, et avec la même simplicité et constance que Walter, ce documentaire révèle l’actualité et la nécessité d’une résistance au quotidien.
N’en déplaise à Bernard Accoyer, président de l’Assemblée Nationale, qui met en garde le réalisateur contre toutes tentatives d’amalgames…

Les projections seront suivies d’un débat avec Gilles Perret.

Ces soirées sont proposées par Gindou Cinéma, en collaboration avec les cinémas Le Quercy et L'Atalante, les centres culturels Robert Doisneau et Charles Boyer et l'association Ciné Grand Angle

 
 

 

 

 


 

Interview de Gilles Perret, réalisateur

Comment avez-vous rencontré Walter Bassan et quel a été le déclic pour lui consacrer un documentaire ?
Je connais Walter depuis que j'ai une dizaine d'années puisqu'il habite la même commune que moi et que mon père travaillait à côté de chez lui. Je connaissais son passé de résistant sans savoir vraiment ce qu'il signifiait. En grandissant, j'ai mieux compris. J'ai eu envie de faire le film avec lui parce que je suis toujours impressionné par sa droiture et son obstination à témoigner inlassablement.
Rencontrer un homme qui a eu des convictions politiques qui lui ont d'ailleurs coûtées cher dans les années quarante et le retrouver 65 ans plus tard avec les mêmes convictions, c'est plutôt rare en ce moment.., et plutôt rassurant aussi.

Comme le souligne Walter, les acquis du Conseil National de la Résistance (retraites par répartition, sécurité sociale. liberté de la presse...) sont battus en brèche
depuis plusieurs années par les décisions des gouvernements successifs sans que l'histoire de ces acquis soit rappelée ? Comment l'expliquez- vous ?

Cela reste un grand mystère pour moi. J'ai pu me rendre compte au cours de la tournée d'avantpremière du niveau de méconnaissance des spectateurs quant à la provenance de ces acquis. Rares sont ceux qui savent qu'ils proviennent de la résistance.
Plus généralement, il semblerait que pendant bien longtemps, sous différents prétextes, il était plutôt conseillé de ne pas rappeler que ces acquis du CNR étaient dûs principalement à l'influence des communistes ou des forces progressistes.

Alors que dans "Ma Mondialisation", portrait d'un petit entrepreneur face à la mondialisation, vous adoptiez un ton relativement distancié et pince-sans-rire, avec Walter, retour en Résistance, vous semblez beaucoup plus offensif et engagé. D'où vient ce changement ?
Je crois que cela vient du fait que le sujet est plus personnel puisque ma relation avec
Walter est aussi forte qu'ancienne. Lorsqu'on fait un film avec lui, il est difficile de rester apolitique et distancié. Et puis je pense qu'aujourd'hui, nous n'avons plus le droit de se taire face à certaines dérives gouvernementales. La population est de moins en moins cultivée politiquement, et les techniques démagogiques et populistes ont de plus en plus d'emprise sur elle. On assiste à une régression sociale, une diminution des libertés, un accroissement
des inégalités, une récupération des symboles historiques, le tout bien emballé par une communication politicienne omniprésente, orchestrée de façon habile par notre Président de la République. Je crois que notre rôle de documentariste est demontrer et de dénoncer la supercherie.

Alors que des anciens déportés comme Maurice Rajfus n'hésitent pas à comparer les techniques de rafle du Vel d'Hiv à celle de Calais aujourd'hui ou que des résistants comme Raymond Aubrac trouvent une continuité dans les pratiques de résistances d'hier et d'aujourd'hui, que répondez-vous à vos détracteurs qui vous accusent de pratiquer l'amalgame ?
Ceux qui parlent d'amalgame voudraient faire croire que le film consiste à comparer le nazisme et le sarkozysme. Évidemment, il n'en est rien. Les comparaisons se font sur le champ politique
uniquement. Rappelons que Walter a été déporté pour des raisons politiques, que le programme du CNR est un programme politique et que l'action que mène aujourd'hui le Président de la République est une action politique. Sur ce champ-là, nous avons le droit de faire des comparaisons et de poser des questions. C'est sûr que les réponses ne sont pas favorables à ceux qui parlent d'amalgame et qui préfèreraient que l'histoire de la résistance soit plongée dans du formol.

 
 
 


Gilles Perret, réalisateur

A quarante ans, Gilles Perret compte 11 documentaires longs, ancrés pour la plupart dans la réalité de ce pays qui est le sien, les Alpes. C’est sa manière à lui de se plonger dans le
tourbillon du monde actuel. Il s’attarde chez ses voisins de vallée pour mieux aborder la réalité du monde politique et économique mondiale… C’est ce regard singulier qui a fait le succès de « Ma mondialisation », sorti en salle, diffusé sur France 3, puis Arte, et fort remarqué dans la presse. Ce regard se pose une fois de plus sur un voisin, ancien résistant, ancien déporté, et
le film « Walter, retour en résistance » pose la question de savoir si le verbe « résister » peut se
conjuguer au présent. Ses escapades sociales et économiques ne lui ont cependant jamais fait oublier la montagne…et ceux qu’elle fascine. Gilles aime se frotter aux sommets en compagnie de ses amis les alpinistes comme Marc Batard dont il a tiré le portrait dans « L’homme qui revient de haut », grand prix du festival de Banff au Canada.

 




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